Congés payés en coiffure et esthétique : acquisition, prise et indemnisation

Les congés payés en coiffure et esthétique suivent une mécanique bien plus précise qu’un simple décompte de jours ouvrables. Deux salariés partis à la même date peuvent toucher une indemnité différente.

La convention collective nationale de la coiffure et des professions connexes encadre le sujet dans le détail : acquisition, période de prise, fractionnement, indemnisation. Beaucoup de salariés découvrent seulement au moment de poser leurs congés que le calcul de l’indemnité peut jouer en leur faveur, ou que certains jours s’ajoutent automatiquement selon la période retenue. Ce texte détaille les règles applicables dans un salon, avec les montants et les délais tels qu’ils s’appliquent concrètement, en lien avec la convention collective coiffure et esthétique en vigueur dans la profession.

Combien de jours de congés payés en coiffure et esthétique ?

Le taux d’acquisition tient en une formule simple : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif chez le même employeur, selon l’article 13.1 de la convention collective. Sur une année complète, cela représente 30 jours ouvrables, soit cinq semaines de congé, sans palier supplémentaire lié à l’ancienneté dans ce texte.

Le décompte se fait en jours ouvrables : du lundi au samedi, hors dimanche et jours fériés habituellement chômés. Un salon fermé le lundi n’y change rien, c’est la semaine civile qui sert de référence, pas le planning d’ouverture.

Second point que beaucoup ignorent : le droit s’ouvre dès le premier jour de travail, sans période de carence ni condition d’ancienneté à remplir. Un apprenti ou une salariée embauchée en janvier acquiert donc ses jours au même rythme qu’une collaboratrice présente depuis dix ans. La règle s’applique aussi bien en CDI qu’en CDD, à temps plein comme à temps partiel : l’employeur ne peut pas moduler le taux d’acquisition selon le type de contrat, ni exiger une durée minimale de présence avant d’ouvrir ce droit.

Quand le nombre de jours acquis n’est pas un entier, la durée du congé est arrondie au chiffre supérieur. Une salariée présente cinq mois sur la période cumule ainsi 12,5 jours, arrondis à treize jours ouvrables au moment de poser ses congés.

La période de référence fixe aussi les dates de départ en congé

La période de référence pour l’acquisition des congés court du 1er juin de l’année en cours au 31 mai de l’année suivante, sauf disposition contraire fixée par un accord d’entreprise. Chaque mois travaillé sur cette période génère les 2,5 jours ouvrables évoqués plus haut, dans la limite de 30 jours au total pour une année complète de présence.

Le congé principal, c’est-à-dire les quatre premières semaines, doit être pris entre le 1er mai et le 31 octobre. L’employeur fixe les dates de départ, mais il doit respecter deux contraintes : communiquer l’ordre des départs au moins deux mois avant l’ouverture de la période, et ne plus modifier les dates prévues moins d’un mois avant le départ, sauf circonstance exceptionnelle. Dans un salon où le planning se construit sur les rendez-vous clients, ce délai laisse le temps d’organiser les remplacements.

Ces semaines de repos sont aussi l’occasion, pour certains salariés d’un salon de coiffure et esthétique, de suivre une formation courte pendant les périodes calmes, comme celles proposées par un centre de formation à Arles.

La cinquième semaine ne peut pas être accolée aux quatre premières, sauf pour les salariés justifiant de contraintes géographiques particulières, originaires des départements d’outre-mer ou regagnant un pays étranger. Ces règles de prise s’appliquent dès l’embauche, y compris pendant la période d’essai du salarié, qui n’a aucun effet suspensif sur l’acquisition des congés.

Congés payés en coiffure et esthétique : acquisition, prise et indemnisation

Le fractionnement des congés ouvre-t-il des jours supplémentaires ?

Prendre une partie de son congé principal hors de la période légale n’est pas neutre : cela déclenche un mécanisme de compensation appelé fractionnement des congés. Le principe : plus le salarié accepte de décaler ses congés, plus il récupère de jours ouvrables en contrepartie, sauf s’il est lui-même à l’origine du décalage.

Concrètement, un salarié qui prend au moins six jours de congé en dehors du 1er mai-31 octobre gagne deux jours ouvrables supplémentaires. S’il ne décale que trois à cinq jours, il n’en gagne qu’un seul. En dessous de trois jours décalés, aucun jour supplémentaire n’est accordé : la règle ne joue qu’à partir d’un volume minimal de congés fractionnés.

Ce bonus disparaît dans un cas précis : si c’est le salarié qui demande expressément à fractionner ses congés, il perd le droit aux jours supplémentaires. L’initiative de l’employeur reste donc la condition qui déclenche l’avantage.

Dans un salon de coiffure et esthétique qui ferme deux semaines à Noël en plus des congés d’été, ce mécanisme joue à plein : les jours posés en décembre comptent comme des congés fractionnés dès qu’ils s’ajoutent aux quatre semaines déjà prises l’été. La gérante doit alors vérifier le solde exact avant d’accorder ou de refuser les jours en rab, faute de quoi elle s’expose à un rappel de jours dus au salarié.

Comment calculer l’indemnité de congés payés du salon ?

Le choix de la méthode n’est jamais laissé au hasard : la loi impose de comparer les deux calculs, puis de payer le montant le plus élevé.

Deux méthodes de calcul coexistent, et l’employeur n’a pas le choix : il doit appliquer celle qui verse le plus au salarié, comparaison faite à chaque départ en congé. Ignorer cette comparaison, ou n’appliquer qu’une seule méthode par habitude, expose à un rappel de salaire en cas de contentieux prud’homal.

La méthode du dixième

Cette méthode consiste à verser un dixième de la rémunération brute totale perçue pendant la période de référence, du 1er juin au 31 mai. Le calcul intègre le salaire de base, les heures supplémentaires, les primes liées au travail et les avantages en nature. Pour une salariée ayant perçu 1 900 € bruts par mois sur l’année, l’indemnité s’élève à (1 900 € × 12) / 10, soit 2 280 € pour 30 jours de congés.

La méthode du maintien de salaire

Cette seconde méthode reconstitue le salaire que le salarié aurait touché s’il avait continué à travailler. Pour un salaire journalier de 1 900 € divisé par 26 jours ouvrables, soit 73,08 €, l’indemnité pour 30 jours de congés atteint 2 192,31 €. Dans cet exemple précis, la méthode du dixième se révèle plus avantageuse de 87,69 €, c’est donc elle que l’employeur doit retenir.

MéthodeCalculRésultat pour 30 jours
Dixième(1 900 € × 12) / 102 280 €
Maintien de salaire(1 900 € / 26) × 302 192,31 €
Montant retenuMéthode la plus favorable2 280 €

Le bulletin de paie doit mentionner la méthode retenue et le montant versé, distinctement du salaire habituel. Les salons de coiffure et esthétique qui pratiquent des primes sur les ventes ont intérêt à vérifier la méthode du dixième chaque année : ces éléments variables gonflent la rémunération brute annuelle et rendent cette méthode presque systématiquement plus favorable qu’un maintien de salaire calculé sur un salaire fixe seul.

Congés exceptionnels : ce que couvrent le mariage, la naissance et le décès

Au-delà des congés payés classiques, la convention collective et le Code du travail ajoutent des congés exceptionnels rémunérés pour certains événements de la vie personnelle. Le salarié qui se marie ou conclut un Pacs bénéficie de quatre jours de congé, contre un seul jour pour le mariage d’un enfant. La naissance ou l’adoption d’un enfant ouvre droit à trois jours pour le second parent, à prendre à la date de son choix.

Les congés liés à un décès varient fortement selon le lien de parenté : douze jours pour la perte d’un enfant, portés à quatorze jours si l’enfant avait moins de vingt-cinq ans ou était lui-même parent, avec un congé de deuil supplémentaire de huit jours dans ce cas précis. Le décès d’un conjoint, d’un parent ou d’un frère ou d’une sœur ouvre droit à trois jours, celui d’un grand-parent ou d’un petit-enfant à un seul jour.

Un cas moins connu concerne l’article L3142-4 du Code du travail : l’annonce d’un handicap, d’une pathologie chronique nécessitant un apprentissage thérapeutique ou d’un cancer chez un enfant donne droit à cinq jours de congé, quel que soit le statut du salarié dans un salon de coiffure et esthétique.

ÉvénementDurée du congé
Mariage ou Pacs du salarié4 jours
Mariage d’un enfant1 jour
Naissance ou adoption d’un enfant3 jours
Décès d’un enfant12 jours (14 si moins de 25 ans ou parent)
Décès du conjoint, d’un parent, d’un frère ou d’une sœur3 jours
Décès d’un grand-parent ou d’un petit-enfant1 jour

Ces durées correspondent aux minimums légaux du Code du travail, plus favorables que les cinq jours prévus par le texte conventionnel de la coiffure pour le décès d’un enfant : l’employeur doit toujours retenir la règle la plus favorable au salarié, jamais celle qui l’arrange le plus. Ces jours s’ajoutent aux congés payés annuels, ils ne viennent jamais les remplacer ni les réduire.

Jours fériés et arrêt maladie : ce qui reste protégé

Sur les onze jours fériés légaux, seuls trois sont obligatoirement chômés et payés dans un salon de coiffure et esthétique : le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier. Sur les huit jours restants, l’employeur peut imposer le travail sur quatre d’entre eux au maximum ; un cinquième jour férié ne peut être travaillé que sur la base du volontariat, avec l’accord écrit du salarié.

Travailler un jour férié ouvre droit, au choix de l’employeur, à une majoration de 100 % de la rémunération ou à une journée de repos compensateur. Un jour férié qui tombe pendant une période de congés payés n’est jamais décompté comme un jour de congé ouvrable, il ne réduit donc pas le solde du salarié.

L’arrêt maladie change la donne différemment selon son origine. En cas de maladie non professionnelle, le salarié continue d’acquérir des droits à congés payés, mais dans la limite de deux jours ouvrables par mois, soit 24 jours ouvrables sur l’année, contre 30 jours en temps normal. Cette règle vaut aussi bien pour un contrat classique que pour un contrat de professionnalisation, qui n’a pas de régime dérogatoire sur ce point.

Dans les faits, peu de salons suivent ce plafond au jour près : beaucoup se contentent d’appliquer le droit commun, plus simple à administrer, sans vérifier si l’arrêt maladie dépasse la durée qui déclencherait la limite des 24 jours ouvrables. Un tableau de suivi des absences évite ce type d’oubli coûteux pour l’employeur.

Sources

  • PayFit — congés payés dans la convention collective coiffure (IDCC 2596), 2026
  • Service-Public.fr — congés payés du salarié dans le secteur privé, 2026

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